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[ 11/05/2012 - 17:22 ]

Ramallah – CPI

 

Pas moins de 3000 détenus palestiniens dans les prisons de l’occupation entrent ce vendredi dans leur 25e jour de grève de la faim illimitée, dans le but d’arracher leurs droits humains légitimes de l’administration pénitentiaire sioniste. Au même moment, un effet boule de neige s’amplifie en Cisjordanie où une mobilisation timide avait commencé jusqu’à devenir un troisième soulèvement populaire qui fait reconsidérer la cause palestinienne au niveau local et international.

L’état de santé de nombreux prisonniers grévistes se détériore, en raison de 74, 57 ou 50 de grève de la faim, où parce que certains ont arrêté de se soigner. Et en Cisjordanie occupée, région qui était absente dans l’action résistante depuis de nombreuses années, est désormais le lieu d’un mouvement populaire qui s’agrandit de jour en jour, et devient un espoir de retour de l’esprit de lutte et de résistance auprès des jeunes cisjordaniens traqués sans cesse par les soldats de l’occupation et leurs collègues des services de sécurité de l’Autorité.

De nombreuses activités, comités populaires et factions palestiniennes ont appelé à faire de ce vendredi un jour de colère pour soutenir les prisonniers grévistes de la faim, sous le nom du « vendredi des détenus ». Ceci après des appels adressés par l’un des responsables de la grève, le commandant des Brigades d’Ezzedin al-Qassam, Ibrahim Hamed, de sortir par millions vendredi pour soutenir les prisonniers et comme un don offert par la Cisjordanie.

Des sources au sein du Comité de direction de la grève ont annoncé l’échec de la réunion tenue jeudi soir dans la prison de Nafha, entre l’ensemble des membres du Comité et une importante délégation de l’administration pénitentiaire sioniste.

Le centre Ahrar spécialisé dans les affaires des prisonniers a indiqué que l’échec de cette rencontre s’est confirmé avec la poursuite des détenus dans leurs mesures de lutte, en se privant de vitamines et en boycottant la clinique de la prison. Le Comité de direction de la grève exhorte le peuple palestinien et l’ensemble des factions et activités à intensifier le mouvement de solidarité et le soutien à leur cause. De même qu’il demande à l’Egypte, la Tunisie, la Lybie, la Jordanie et les autres pays à venir en aide aux détenus et de sortir dans de grandes marches de soutien.

Mélenchon nouveaux traités du mécanisme de stabilité financière

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Chavez met au pas les banques !

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Evasion fiscale : ces « 600 milliards qui manquent à la France » France Info

Le journaliste Antoine Peillon a enquêté en France et en Suisse dans les milieux bancaire, judiciaire et policier. Il lève le voile sur un vaste système d’évasion fiscale.

Des valises de billets qui passent les frontières, des diamants cachés dans des tubes de dentifrice. Derrière ces images folkloriques se dessine un système sophistiqué. Selon Antoine Peillon, les avoirs français dans les paradis fiscaux atteignent la somme astronomique de 600 milliards d’euros.
Pour son enquête, le journaliste a rencontré des magistrats, des policiers et surtout des cadres de banques qui décrivent, de l’intérieur et anonymement, les circuits de l’évasion fiscale.

La Suisse est en première ligne. Antoine Peillon décrypte les méthodes de la banque UBS, mastondonte de la finance. Il met aussi en cause l’attitude des Etats. La France s’est engagée à lutter contre les paradis fiscaux. Mais selon le journaliste, les résultats ne sont pas à la hauteur des promesses.

« Ces 600 milliards qui manquent à la France » paraît aux éditions du Seuil.

Sarkozy = 196 milliards de recettes en moins en 2009 et 5 années de pertes de recettes non compensées

Sarkozy = 196 milliards de recettes en moins en 2009 et 5 années de pertes de recettes non compensées

Comment et de combien Sarkozy nous a endetté ?

Sarkozy c’est 196 milliards de recettes en moins en 2009 et  5 années de pertes de recettes non compensées

En France, nous n’avons pas de problème de dette, nous avons un problème Sarkozy. C’est un problème, non pas de dépenses en trop, mais de recettes en moins.

On nous raconte des fables : « l’état ne doit pas dépenser plus que ce qu’il gagne », « on dépense trop », « on vit au-dessus de nos moyens », « on doit réduire les dépenses publiques » Autant de bêtises absolues véhiculées par des incompétents aux ordres. Autant de clichés pour tromper les gogos qui ne réfléchissent pas plus loin que le bout de leur nez.

La vérité est que c’est l’État qui fixe lui-même (à la différence d’un ménage) ses propres moyens et c’est la droite qui a vidé consciemment les caisses publiques en diminuant les impôts des ménages les plus riches et des sociétés. La vérité c’est que les dépenses publiques ont baissé de 1996 à 2008, et que ce n’est naturellement pas la source de l‘énorme dette voulue, provoquée, organisée par Sarkozy. La source principale des 23 points supplémentaires de dettes causés par Sarkozy provient de la baisse des recettes, pas de la hausse des dépenses.

Selon le Conseil des prélèvements obligatoires (« Entreprises et niches fiscales et sociales », octobre 2010) : les 3 principales niches fiscales (elles concernent toutes les trois l’impôt sur les sociétés et avantagent les grands groupes), créées par la droite avant 2007, sont :

- Régimes des sociétés mères et filiales : coût de 34,9 milliards d’euros pour l’année 2009.

- Régime d’intégration fiscale : coût de 19,5 milliards d’euros pour l’année 2009.

- Niche Copé (taxation à taux réduit des plus-values à long terme provenant de cession de titres de participation : 8 milliards d’euros en 2009.

Pour ces trois niches fiscales : un manque à gagner de 62,4 milliards d’euros.

Si l’on ajoute le coût (selon la Cour des comptes) des 3 niches fiscales ajoutées par Sarkozy :

- Heures supplémentaires : 4,5 milliards d’euros.

- TVA réduite sur la restauration : 3,5 milliards d’euros.

- Passage du bouclier fiscal à 50 % des revenus déclarés : 0,7 milliards d’euros.

Soit 8,7 milliards d’euros pour ces trois niches fiscales.

Au total pour les 6 niches fiscales : 71 milliards d’euros. A comparer avec le plan de rigueur de 8 milliards d’euros.

Il faudrait ajouter à cela la baisse de l’impôt sur le revenu due à la diminution du nombre de tranches (de 13 avant 1986 à 5 aujourd’hui), au passage de la tranche supérieure de 65 % (avant 1986) à 41% aujourd’hui.

Coût pour les finances publiques : 15 milliards d’euros en 2009.

Il ne faudrait pas oublier la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés (avant même les niches fiscales) : de 50 % à 34,6 % aujourd’hui.

Coût pour les finances publiques : 20 milliards d’euros en 2010 (Rapport de la Cour des comptes 2010).

Au total : 71 + 35 = 106 milliards d’euros en une année.

Niches sociales : 42 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales en 2009 (Rapport du Sénateur de droite Jean-Jacques Jégou au nom de la commission des finances du Sénat – 2010)

Intérêts payés aux détenteurs de la dette publique : 48 milliards d’euros en 2009.

Au total : 106 + 42 + 48 = 196 milliards d’euros en 2009 alors que le déficit public (État, Sécurité sociale, Collectivités territoriales, organismes centraux) s’élevait à 145 milliards d’euros.

Le rapporteur UMP, Gilles Carrez de la commission des Finances de l’AN estimait (en 2010) que les années 2000 étaient : « 10 années de pertes de recettes non compensées ». Sans parler des années 2002-2006, ou Sarkozy fut responsable au budget ou à l’industrie,  il y a 5 années entièrement de la faute de Sarkozy : sans sa politique catastrophique, nous aurions probablement encaissé 1000 milliards de plus en cinq ans et ne serions pas dans la difficulté apparente actuelle dont il se sert comme instrument de chantage et de peur contre nous toutes et tous. Ne cherchez pas pourquoi ca va mal partout, nos salaires baissés et dans les écoles, les hôpitaux, les banlieues, l’emploi, la croissance, Sarkozy a tout étouffé, tout détourné, tout provoqué. Délibérément. Savamment/.

 

(avec Jean-Jacques Chavigné)

Cet article a été écrit par Gérard Filoche, publié le 9 décembre 2011 à 8:32, classé sous Politiqueet tagué, , , . Bookmarkez le permalien. Suivez les commentaires grâce au flux RSS de cet article. Déposez un commentaire ou un trackback : Adresse du trackback.

Gravats : vends pour un euro des gravats, à venir chercher sur place.

Une éolienne esthétique

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Obscène

AGORAVOX

Auteur de l’article : Eric Alt

Certains chiffres révèlent l’obscénité de certains situations communément admises. Obscène : qui heurte la décence.

 Petit florilège à l’occasion de la réduction, la semaine dernière, à huit petits pays exotiques du nombre de paradis fiscaux reconnus par la France et de l’amnistie fiscale envisagée par l’Espagne.

4,11 millions € : c’est la moyenne de la rémunération d’un dirigeant du CAC 40 en 2011, en hausse de 34% par rapport à 2010. A ces chiffres il faut ajouter notamment le complément de retraite sur-complémentaire et le bonus. Ces rémunérations obscènes méritent d’être rapprochées du SMIC net mensuel 2011 : 1094,71€ net par mois sur la base de 35h, en progression de 1,6%. Il est possible de vérifier, sur le site de l’observatoire des inégalités, que 98% des Français gagnent moins de 6000€ net par mois.

45 millions € : c’est, selon des arbitres, la valeur du préjudice moral subi par Bernard Tapie du fait de la vente litigieuse d’Adidas par le Crédit Lyonnais en 1993. A ce chiffre, il faut ajouter préjudice économique de l’intéressé, évalué par ailleurs. Le préjudice moral moyen accordé en cas de perte d’un conjoint, du père, de la mère ou d’un enfant mineur est généralement évalué entre 20 et 30 000€. La Cour de justice de la République a finalement été saisie des agissements de Mme Lagarde, qui avait permis l’arbitrage si favorable à Bernard Tapie…

460 millions € : c’est le prix payé par l’Etat à Taïwan après obstruction de l’enquête pénale sur « l’affaire des frégates ». Trois ministres avaient opposé le secret défense au juge d’instruction, le privant de documents qui auraient permis la manifestation de la vérité. Cette somme peut être rapprochée des économies attendues du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux : 400 millions€ par an (264 millions en 2010). L’indifférence au prix payé pour solder l’affaire des frégates contraste avec l’énergie déployée pour démontrer que le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux est indispensable. Certes, le prix de la corruption dans l’affaire des frégates ne sera payé qu’une seule fois, alors que l’économie budgétaire devrait se répéter chaque année. Mais avec une conception aussi large et arbitraire du secret défense, rien ne garantit que les dépenses budgétaires pour financer la corruption ne seront pas répétées, elles aussi.

500 millions€ : c’est estimation de l’immeuble parisien de Téodoro Obiang, fils du président de la Guinée équatoriale (biens saisis). Ce n’est pas le seul élément de la fortune de Téodoro Obiang. Pourtant, dans son pays 75% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Quand Sherpa et Transparence International ont saisi la justice pour recel de détournement de fonds publics, le parquet a d’abord demandé à la police une enquête préliminaire. Ensuite, alors que l’enquête avait révélé la pertinence des soupçons, le procureur de Paris a mis beaucoup d’énergie pour empêcher la saisine d’un juge d’instruction. Une jurisprudence innovante de la Cour de cassation l’a finalement autorisée. La corruption coûterait chaque année 113 millards€ à l’Afrique.

10 milliards€ ; c’est le coût de la fraude à la TVA. Le problème n’est pas tant le montant de cette fraude que son augmentation, qui résulte notamment, selon la Cour des comptes, de l’absence d’efficacité des contrôles. Un rapprochement permet d’apprécier ce que représente ce montant : les budgets du ministère de la justice et de la culture pour 2012 s’élèvent chacun à 7,4 milliards€.

17 milliards€ : c’est l’estimation de la fortune de Mme Bettencourt. En 2010, des intellectuels français avaient suggéré que la France rembourse à Haïti les 90 millions de francs or, soit environ 17 milliards€, payés lors de l’accession de ce pays à l’indépendance, pour indemniser les colons. C’était bien ambitieux : un an après le séisme, l’ensemble de la communauté internationale avait déboursé 900 millions€ pour la reconstruction. Le ministère des affaires étrangères note que ce montant est conforme aux capacités d’absorption du pays. La capacité d’absorption de Mme Bettencourt, de son entourage et de ses amis politiques est bien supérieure.

Entre 28 et 40 milliards€ : c’est l’évaluation officielle de la fraude fiscale en France. Il s’agit de la fourchette basse : la Commission européenne et le Syndicat national unifié des impôts avancent le chiffre de 50 milliards€. La charge nette de la dette publique pour 2011 s’élèvait à 46,82 milliards€La diminution des emplois dans l’administration fiscale rendra difficile l’amélioration proclamée de la lutte contre cette fraude. Par ailleurs, la fraude sociale est évaluée à 20 milliards€.

 120 milliards€ : c’est évaluation, selon la Commission européenne, des sommes perdues par les Etats membres du fait de la corruption (2011). Les recettes de l’Union européenne en 2011 sont d’un montant comparable : 126 milliards€. La mise en place d’un parquet européen, qui devrait lutter contre les atteintes aux intérêts financiers de l’Europe et contre la criminalité transnationale, tarde encore.

600 milliards€ : c’est évaluation, selon le journaliste Antoine Peillon, des avoirs de personnes physiques et des entreprises françaises sortis illégalement de l’hexagone.Ce montant peut être rapproché du montant total de la dette publique en France : 1717 milliards€. Tous ces avoirs à l’étranger ne peuvent évidemment être rapatriés par décret, mais c’est peu dire que la lutte contre les paradis fiscaux n’a pas encore atteint une efficacité à la hauteur des enjeux.

Sur le plan mondial, l’ONG Réseau pour une justice fiscale évalue à 8000 milliards€ (11000 milliards de dollars) le patrimoine détenu dans les paradis fiscaux. La fin des Tax toys n’est pas pour demain.

Nouvelle constitution en Islande : la conspiration du silence…

AGORAVOX

Albert Ricchi

L’Islande a terminé l’année 2011 avec une croissance économique de 2,1% et devrait, selon les prévisions de la Commission européenne, atteindre le taux de 2,7% en 2013 grâce principalement à la création de nouveaux emplois. 

L’Islande est le seul pays européen qui a rejeté par référendum le sauvetage des banques privées, laissant s’effondrer certaines d’entre elles et jugeant de nombreux banquiers pour leurs crimes financiers mais curieusement les médias français et européens n’en parlent pas ou très peu…

Il n’y a pas de censure officiellement dans les médias presse, radio ou télé mais les journalistes et experts de tous bords, si prompts à parler de ce qui se passe en Egypte, en Lybie ou en Syrie, ne disent absolument rien sur ce qui se passe en Islande. En a-t-on parlé dans les nombreux débats politiques en vue de l’élection présidentielle ? A-t-on vu des images à la TV ? Bien sûr que non car les citoyens européens pourraient avoir la mauvaise idée de s’en inspirer…

En Islande, le peuple a fait démissionner un gouvernement au grand complet. Les principales banques ont été nationalisées et il a été décidé de ne pas payer la dette qu’elles avaient contractée auprès de banques en Grande Bretagne et en Hollande, dette générée par leur mauvaise politique financière.

- 2008 : Les banques Glitnir, Landsbankinn et Kaupthing sont nationalisées pour éviter leur faillite plutôt que d’injecter inconditionnellement des capitaux publics, comme en Espagne ou dans les autres pays européens. L’ensemble des dettes de l’Islande égale alors 9 fois son PIB. La monnaie s’effondre et la bourse suspend ses activités après une baisse de 76%.

- 2009 : Le FMI, comme à son habitude, exige, en échange de mesures dites « d’ ajustement » des coupures dans les dépenses sociales qui provoquent la colère de la population, la chute du gouvernement et la convocation d’élections anticipées.

La gauche remporte la majorité absolue, provoquant l’effondrement du Parti de l’Indépendance, un parti conservateur qui était traditionnellement la force dominante dans le pays et qui ne conserve que 23,7% des voix. Johanna Siguroardottir est choisi pour diriger le gouvernement réunissant des sociaux-démocrates et les écologistes de gauche.

La situation économique désastreuse du pays persiste. Par le biais d’une loi, il est proposé à la Grande Bretagne et à la Hollande le remboursement de la dette et un paiement de 3.500 millions d’euros, montant devant être payé mensuellement par toutes les familles islandaises pendant 15 ans à un taux d’intérêt de 5%. Mais le peuple descend à nouveau dans la rue et demande que la loi soit soumise à référendum.

- Janvier 2010 : Le Président refuse de ratifier cette loi et annonce qu’il y aura une consultation populaire.

- Mars 2010 : Le référendum a lieu et le Non au paiement de la dette l’emporte par 93% des voix.

Pendant ce temps, le gouvernement essaie de régler juridiquement les responsabilités de la crise. Les détentions de plusieurs banquiers et cadres supérieurs commencent. Interpol lance une enquête et tous les banquiers impliqués quittent le pays. Dans ce contexte de crise, une assemblée est élue pour rédiger une nouvelle Constitution en vue de se substituer à l’actuelle qui est une simple copie de la constitution danoise.

Pour ce faire, on a recours directement au peuple souverain qui élit 25 citoyens sans filiation politique parmi les 522 qui se présentent aux candidatures (condition : être majeur et avoir recueilli le soutien d’au moins 30 personnes).

- Septembre 2010 : L’ancien Premier ministre Geir Haarde est poursuivi pour négligence dans la gestion de la crise. Interpol émet également un mandat d’arrêt international contre l’ancien président de Sigurdur Einarsson.

- Février 2011 : L’assemblée constituante commence ses travaux afin de présenter, en partant des avis collectés dans les diverses assemblées qui ont eu lieu dans tout le pays, un projet de Grande Charte.

- Mars 2011 : Suite à quelques critiques concernant la faible participation (36%) pour nommer les membres de l’assemblée constituante, le Premier ministre, en accord avec les chefs des principaux partis représentés au Parlement, met sur pied un comité consultatif pour poursuivre la révision de la constitution. Ce dernier propose au Parlement de nommer un « Conseil constitutionnel » constitué des 25 membres de l’Assemblée constitutionnelle dissoute.

- Avril 2011 : Les citoyens disent de nouveau Non à un second référendum sur le paiement de la dette, après que le président islandais Olafur Ragnar Grimsson ait refusé de contre-signer la loi du 16 février 2011 (connue sous le nom de « troisième loi Icesave »). Le nouveau gouvernement de centre-gauche assurait en effet que le nouvel accord Icesave avait été mieux négocié que le précédent mais la population islandaise maintient son refus d’être mise à contribution pour la faillite de banques jugées irresponsables.

- Juillet 2011 : Sur la base des rapports du Comité constitutionnel et du Forum national (citoyens), le Conseil constitutionnel adopte à l’unanimité un projet de constitution qui est remis au Parlement le 27 juillet. Ce dernier, chargé d’amender le projet, s’est attelé à cette tâche à l’automne 2011 et les débats se poursuivent toujours.

Les principales propositions de la nouvelle Constitution

Sur un total de 114 articles et de 9 chapitres, on peut noter en particulier :

- Article 15  : Droit à l’information. Les informations et documents détenus par les autorités publiques devraient être disponibles sans exception et l’accès au public à tous ces documents devrait être garanti par la loi.

- Article 63 : Création d’un Comité de contrôle de la responsabilité du Gouvernement. Une enquête sur les mesures et décisions du Gouvernement peut être demandée par 1/3 des membres d’Althingi (parlement islandais).

- Article 65  : Droit à la consultation directe. 10% des votants peuvent demander un référendum national sur les lois votées par Althingi.

- Article 66 : Possibilité d’interpellation directe d’Althingi. 2% des électeurs peuvent soumettre une question au Parlement et un projet de loi peut y être déposé s’il est soutenu par 10% des électeurs.

- Article 90 : Formation du Cabinet. Le Premier ministre est nommé par le Parlement.

- Article 99  : Indépendance des tribunaux. L’indépendance des tribunaux doit être garantie par la loi.

- Article 105 : Autonomie des collectivités territoriales. Les sources de revenus des collectivités territoriales doivent être garanties par la loi, tout comme leur droit de déterminer l’utilisation de ces ressources.

La nouvelle constitution devrait être soumise à un référendum, avant le vote par le Parlement. Il devrait avoir lieu le 30 juin en même temps que l’élection présidentielle ou à l’automne.

L’Islande n’est certes qu’un petit pays de 320 000 habitants mais elle donne cependant une belle leçon de démocratie aux grands États de l’Europe et du monde. Songeons par exemple qu’en France, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État…

 

Photo Creative Commons : Islande par Septentria ((http://www.flickr.com/photos/septentria/2710030627/)

Lien direct article : http://reformeraujourdhui.blogspot.fr/2012/04/nouvelle-constitution-en-islande-la.html

 

737 maîtres du monde contrôlent 80 % de la valeur des entreprises mondiales

737 maîtres du monde contrôlent 80 % de la valeur des entreprises mondiales

Publié sur http://www.bastamag.net/article1719.html PAR IVAN DU ROY (9 SEPTEMBRE 2011)

Une étude d’économistes et de statisticiens, publiée en Suisse cet été, met en lumière les interconnexions entre les multinationales mondiales. Et révèle qu’un petit groupe d’acteurs économiques – sociétés financières ou groupes industriels – domine la grande majorité du capital de dizaines de milliers d’entreprises à travers le monde.

Crédit : Michael Aston

Leur étude, à la frontière de l’économie, de la finance, des mathématiques et de la statistique, fait froid dans le dos. Trois jeunes chercheurs de l’Institut fédéral de technologie de Zurich [1] ont scruté les interactions financières entre multinationales du monde entier. Leur travail – « The network of global corporate control » (le réseau de domination globale des multinationales) – porte sur un panel de 43.000 groupes (« transnational corporations ») sélectionnés dans la liste de l’OCDE. Ils ont mis en lumière les interconnexions financières complexes entre ces « entités » économiques : part du capital détenu, y compris dans les filiales ou les holdings, prise de participation croisée, participation indirecte au capital…

Résultat : 80 % de la valeur de l’ensemble des 43.000 multinationales étudiées est contrôlé par 737 « entités » : des banques, des compagnies d’assurances ou des grands groupes industriels. Le monopole de la possession du capital ne s’arrête pas là. « Par un réseau complexe de prises de participation », 147 multinationales, tout en se contrôlant elles-mêmes entre elles, possèdent 40 % de la valeur économique et financière de toutes les multinationales du monde entier.

Une super entité de 50 grands détenteurs de capitaux

Enfin, au sein de ce groupe de 147 multinationales, 50 grands détenteurs de capital forment ce que les auteurs appellent une « super entité ». On y retrouve principalement des banques : la britannique Barclays en tête, ainsi que les « stars » de Wall Street (JP Morgan, Merrill Lynch, Goldman Sachs, Morgan Stanley…). Mais aussi des assureurs et des groupes bancaires français : Axa, Natixis, Société générale, le groupe Banque populaire-Caisse d’épargne ou BNP-Paribas. Les principaux clients des hedge fund et autres portefeuilles de placements gérés par ces institutions sont donc, mécaniquement, les maîtres du monde.

Cette concentration pose de sérieuses questions. Pour les auteurs, « un réseau financier densément connecté devient très sensible au risque systémique ». Quelques-uns flanchent parmi cette « super entité », et c’est le monde qui tremble, comme la crise des subprimes l’a prouvé. D’autre part, les auteurs soulèvent le problème des graves conséquences sociales que pose une telle concentration. Qu’une poignée de fonds d’investissement et de détenteurs de capital, situés au cœur de ces interconnexions, décident, via les assemblées générales d’actionnaires ou leur présence au sein des conseils d’administration, d’imposer des restructurations dans les entreprises qu’ils contrôlent… et les effets pourraient être dévastateurs. Enfin, quelle influence pourraient-ils exercer sur les États et les politiques publiques s’ils adoptent une stratégie commune ? La réponse se trouve probablement dans la brûlante actualité des plans d’austérité.